Partager l'article ! La nouvelle alliance rebelle menace-t-elle le pouvoir de N'Djamena?(PAPIER D'ANGLE): Par Raphaël MVOGO YAO ...
Le peuple historique et courageux du Tchad, les combats de Ganatir et Abougoulem de l’année dernière ont coupé les griffes et cassé la colonne vertébrale de votre dictateur le sauvage et pédophile Idriss Deby. Soulevez vous contre la dictature de Deby a travers des manifestions de désobéissances civiles et en rejoignant la rébellion. Ecrivez votre histoire par vos propres mains.
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Gen Tahir Guinassou:

YAOUNDE, 28 janvier (Xinhua) -- Près d'un an après l'attaque au cours de laquelle il avait été sérieusement mis à mal à N'Djamena les 2 et 3 février 2008, le
pouvoir du président tchadien Idriss Deby Itno fait face à une nouvelle menace rebelle.
Créée à l'issue d'une réunion tenue du 22 au 24 janvier dernier à Hadjer Marfain, une ville soudanaise située à la frontière avec le Tchad, l'Union des forces
de la résistance (UFR), qui regroupe huit mouvements rebelles, a commencé à brasser ses troupes en direction du territoire tchadien, annoncent des sources concordantes.
Cette coalition politico-militaire, qui a désigné à sa tête Timane Erdimi, neveu du chef de l'Etat et leader du rassemblement des forces pour le changement
(RFC), a pour ambition de "renverser le régime du président Idriss Deby Itno". Elle a indiqué qu'elle " s'engage, dès le renversement de la dictature, à mettre en place un pouvoir
libre et démocratique conforme aux aspirations du peuple tchadien".
Un appel a été lancé à "tous les opposants à la rejoindre pour mettre fin au régime à bout de souffle d'Idriss Deby". Le Conseil national de redressement du
Tchad (CNRT), petite formation d'opposition, y a adhéré en soutenant que l'UFR offre "une grande opportunité de battre ensemble la dictature qui sévit dans notre pays depuis
bientôt deux décennies et oeuvrer pour la mise en place des conditions propices à l'instauration d'une vraie République démocratique et à la conquête de l'indépendance réelle du
Tchad".
Parmi les groupes armés que l'UFR regroupe en son sein, figure l'Union des forces pour le changement et la démocratie (UFDD) du général Mahamat Nouri, chef de
file de l'Alliance nationale qui avait mené l'offensive de février 2008 sur N'Djamena, la capitale tchadienne.
A cause des divergences dans ses rangs pour la désignation d'un leader consensuel, l'Alliance nationale avait manqué d'atteindre son but et avait finalement
été repoussée, alors que ses combattants se trouvaient aux portes du palais présidentiel, par l'Armée nationale tchadienne (ANT), fidèle au président Idriss Deby
Itno.
"Ce qui différencie cette union de la première, c'est qu'il n'y avait pas eu assez de dialogue entre nous. Cette fois, nous avons pris cinq mois pour
dialoguer. Nous avons créé des commissions qui ont travaillé jours et nuits. Nous sommes par conséquent bien préparés, contrairement à la première alliance", a déclaré Timane
Erdimi.
Agé de 54 ans, Timane Erdimi a été pendant des années directeur de cabinet du chef de l'Etat, son oncle, avant d'occuper les fonctions de directeur général de
Coton Tchad, la société cotonnière du pays. Son frère jumeau, Tom Erdimi, aujourd'hui réfugié aux Etats-Unis, a également été coordonnateur national du projet
Pétrole.
En 2004, les deux frères tentèrent de renverser leur oncle par un coup d'Etat déjoué. Repliés au Soudan, ils créèrent l'année d'après un mouvement armé, le
Socle pour le changement, l'unité nationale et la démocratie (SCUD), devenu par la suite le Rassemblement des forces démocratiques (RaFD), puis le Rassemblement des forces pour
le changement (RFC).
Avec le RFC, Timane Erdimi a également été, lors de la grande offensive rebelle de l'année dernière contre le pouvoir de N'Djamena, membre de l'Alliance
nationale, dont il claqua la porte. Comme il fallait bien s'y attendre, la création de l'Union des forces de la résistance sur le sol soudanais a jeté un nouveau froid dans les
relations diplomatiques entre le régime d'Idriss Deby Itno et celui du dirigeant soudanais, Omar el Béchir. Le gouvernement tchadien a formellement accusé Khartoum d'être
derrière cette nouvelle coalition.
"Cette nouvelle alliance créée au forceps confirme la poursuite au grand jour par le régime de Khartoum de ses entreprises contre la paix au Tchad, en
violation des engagements pris à Dakar, à Asmara, à Tripoli et à N'Djamena devant les pays frères et voisins et devant l'Union africaine (UA)", a souligné un communiqué officiel
publié lundi à N'Djamena.
Prenant "à témoin l'opinion nationale et internationale de la forfaiture que vient de commettre le Soudan à travers sa tentative de colmater les rangs de ses
affidés", les autorités tchadiennes ont appelé à "une prompte réaction des chefs d'Etat médiateurs, notamment du groupe de contact, de l'UA et de l'ensemble de la communauté
internationale pour couper court aux préparatifs belliqueux de Khartoum".
Depuis 2005, le Tchad et le Soudan s'accusent mutuellement de soutenir les rebelles hostiles à leurs pouvoirs politiques respectifs. En avril 2008 à Dakar au
Sénégal, ils ont signé, pour la énième fois, un accord de paix visant "à interdire toute activité de groupes armés et à empêcher l'utilisation de leurs territoires respectifs
pour la déstabilisation de l'un ou l'autre " pays.
Le 9 novembre 2008, les deux pays ont rétabli leurs relations diplomatiques rompues en mai à la suite d'une attaque rebelle au Soudan. Et conformément au
calendrier arrêté, la septième réunion du groupe de contact chargé de la mise en oeuvre de l'accord de Dakar est prévue avant la fin de ce mois à Khartoum. Est
également attendue, la mise en mouvement, à la frontière commune, d'une force mixte de paix et de sécurité.
Aux yeux des observateurs, la création de l'UFR n'a rien de sensationnel. Chef du Centre de recherche et d'études politiques et stratégiques (CREPS) de
l'Université de Yaoundé II au Cameroun, le professeur Joseph Vincent Ntuda Ebodé, géostratège, observe qu' "il semble se dégager de cette nouvelle coalition que l'opposition au
président Deby commence à endurer le temps".
La naissance du nouveau front armé au Soudan "signifie aussi que les relations entre les deux pays ne sont pas toujours au beau fixe", ajoute Ntuda Ebodé. Le
gouvernement tchadien a averti qu'" il ne se laissera pas surprendre pas de telles manoeuvres" de déstabilisation.
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