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Gen Tahir Guinassou:

RYAD - L'Arabie saoudite a annoncé lundi une nouvelle réglementation, assortie de peines de prison et d'amendes, pour lutter contre le trafic d'êtres humains, qui lui vaut depuis des années des critiques à l'étranger.
Dans un communiqué au terme de sa réunion hebdomadaire sous la présidence du roi Abdallah, le Conseil des ministres saoudien a approuvé une réglementation sur la lutte contre le trafic des êtres humains, prévoyant jusqu'à 15 ans de prison et des amendes allant jusqu'à un million de riyals (266,666 dollars) pour tout contrevenant.
Le texte publié par l'agence officielle SPA définit comme trafic d'êtres humains le fait de soumettre un subordonné à des violences sexuelles, au travail forcé, à la mendicité, à l'esclavage ou à des pratiques assimilées à l'esclavage, à l'asservissement, à l'ablation d'organes ou à des expériences médicales.
Le Conseil des ministres a averti que les sanctions seraient aggravées si la victime est une femme, un handicapé, un mineur, une épouse ou un membre de la famille ou une personne dont le contrevenant est le tuteur.
Le gouvernement saoudien est depuis des années critiqué pour l'absence de mesures de lutte contre le trafic d'êtres humains malgré les nombreux cas enregistrés parmi les sept millions de résidents étrangers dans le royaume, dont un grand nombre sont employés à bas salaires et sans qualification.
Dans son rapport 2009 sur la question, le Département d'Etat américain a encore rétrogradé l'Arabie saoudite, indiquant que les étrangers étaient souvent recrutés légalement pour travailler dans le royaume "mais certains vivent ensuite dans des conditions témoignant d'un asservissement involontaire, dont des restrictions sur les déplacements, retenue des passeports, menaces, violences physiques ou sexuelles et non paiement de salaires".
"Des femmes, essentiellement d'origine asiatique et africaine, feraient aussi l'objet d'un trafic en Arabie saoudite en vue de leur exploitation commerciale ou sexuelle", ajoute le rapport.
"En outre, l'Arabie saoudite est une destination pour des enfants du Nigeria, du Yémen, du Pakistan, d'Afghanistan, du Tchad et du Soudan que des trafiquants exploitent (...) comme mendiants forcés ou vendeurs ambulants".
Les détracteurs de l'Arabie disent qu'en vertu de la charia, ou loi islamique, en vigueur dans ce pays, les femmes, les épouses et les enfants peuvent faire l'objet d'abus de membres de leur famille, une situation que ces détracteurs rapprochent du trafic d'êtres humains.
Le deuxième vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur saoudien, le prince Nayef Ben Abdel Aziz, a déclaré après la réunion du gouvernement que la nouvelle réglementation "incarne les principes de la charia, qui bannit les atteintes aux droits de l'être humain".
Elle permet au royaume de "protéger les droits de ses citoyens et résidents conformément à la loi islamique", a ajouté le ministre, cité par SPA.
(©AFP / 13 juillet 2009 20h27)
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