Mercredi 7 octobre 2009
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Le rapport «Lever les barrières : mobilité et développement humains» rendu public le 5 octobre dernier par le PNUD fait état de la nécessité pour les pays riches de favoriser l’immigration des
pays en développement après la récession économique. Les pays riches constitués pour la plupart de population vieillissante auront besoin à l’après crise de main-d’œuvre émigrée pour relever
leurs économies profondément touchées.
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a rendu son rapport mondial sur le développement humain le 5 octobre dernier, un plaidoyer en faveur de l'immigration vers les pays
riches qui, une fois la récession passée, auront besoin de «main-d’œuvre émigrée» dans les nombreux pays développées où la population est vieillissante.
«L'heure n'est pas au protectionnisme anti-immigrants mais plutôt aux réformes qui promeuvent des avantages à long terme (…) Lorsque la récession mondiale sera terminée, la demande de main-d'oeuvre
émigrée repartira à la hausse», a écrit Jeni Klugman, responsable du rapport du PNUD intitulé «Lever les barrières: mobilité et développement humains»
La responsable du rapport de l’agence onusienne, qui entend «bousculer les idées reçues sur la migration» en dépit de l'opposition des opinions publiques, cherche à démontrer que les flux
migratoires profitent à la fois aux migrants, aux pays d'origine et aux pays d'accueil.
«Contrairement à ce qui est généralement admis, les migrants développent l'activité économique et donnent plus qu'ils ne reçoivent», relèvent les auteurs du rapport en précisant que «des enquêtes
détaillées montrent que l'immigration augmente généralement l'emploi dans les communautés d'accueil, n'encombre pas le marché du travail local et améliore le taux d'investissement dans les
entreprises et les initiatives nouvelles».
Ces enquêtes ont en effet montré que les migrants issus des pays les plus pauvres ont en moyenne vu leur revenu multiplié par 15, leur taux de scolarisation doublé et leur mortalité infantile
divisée par 16 après une migration vers un pays développé.
Le rapport cite le cas de Juan, né dans une famille pauvre de la campagne mexicaine, qui avait quitté l'école à 12 ans dans son pays. A 18 ans il est parti au Canada avec son père. Débutant avec un
permis de travail temporaire puis obtenant un droit de séjour permanent, il «a fini par créer une entreprise qui emploie des Canadiens de souche».
Et pour madame Klugman, «la récession représente justement une occasion toute particulière de faire avancer les débats et les réformes sur les politiques migratoires».
Le PNUD pour qui «vivre là où on souhaite est un élément clé de la liberté humaine», explique par ailleurs que «le rapport ne défend pas une libéralisation à tous crins car la population du pays de
destination a le droit de modeler sa société, mais il soutient qu'il serait plus judicieux d'augmenter l'accès aux secteurs ayant une forte demande de main-d'oeuvre, y compris pour les emplois peu
qualifiés».
Face aux idées reçues sur le taux élevé des émigrés en Europe, le rapport souligne que «les habitants des pays pauvres sont les moins mobiles». Parmi les migrants internationaux, estimés à 188
millions en 2010, soit 2,8% de la population mondiale (74,1 millions en 1960, soit 2,7%), moins de 30% se déplacent d'un pays en développement vers un pays développé et «moins de 1% des Africains
ont émigré en Europe».
Mais d'après le PNUD le nombre d'Africains en âge de travailler passera, lui, de 580 millions aujourd'hui à un milliard 300 millions en 2050 et les pays riches devront mettre en place plusieurs
politiques d’immigration favorables aux populations des pays en développement.
Le PNUD a en outre préconisé aux pays riches «d’ouvrir les voies d'entrées existantes à davantage de travailleurs, notamment les moins qualifiés», de «garantir le respect des droits humains
fondamentaux des migrants, notamment l'accès aux services d'éducation et de santé ainsi qu'au droit de vote».
Le PNUD a par ailleurs publié son classement annuel de l'indice de développement humain (IDH) sur les 182 pays membres des Nations unies, à partir de données qui remontent à 2007.
La Norvège a conservé la tête du classement du PNUD, l'Islande et l'Irlande ont reculé, et certains des pays où la crise est endémique ont enregistré la régression permanente de leur développement
humain.
Sur les dix derniers du classement, neuf sont des pays africains. Le Mozambique est classé en 172e position, la République démocratique du Congo est 176e, suivi du Mali et de la Centrafrique. Le
Tchad ou le Swaziland ont reculé de deux places, tandis que le Ghana a progressé de deux rangs grâce à des efforts en matière d'éducation. Le Niger, où le revenu annuel par habitant dépasse à peine
les 600 dollars, perd neuf places en un an et est arrivé dernier au classement, avec plus de 70% des adultes de plus de 15 ans sont illettrés.
L’Afghanistan, qui a recu pas moins de 20 milliards de dollars d’investissements dans des projets de reconstruction après la chute des talibans en 2001, a terminé avant dernier du classement.
http://afriklive.com/Economie-Le-PNUD-appelle-les-pays-riches-a-favoriser-l-immigration_a5508.html
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