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Gen Tahir Guinassou:

La semaine professionnelle de la Biennale africaine de la photographie de Bamako constitue le moment le plus intense de cette grande rencontre culturelle qui
s’achève le 7 décembre prochain. C’est durant cette semaine que les artistes, les journalistes, les galeristes et les commissaires d’expositions se ruent vers les différents lieux où sont montrés
les œuvres de plus de cinquante créateurs africains.
BAMAKO (Mali) - Le volet professionnel de la Biennale de la photographie africaine touche à sa fin. Dans ce cadre, sept prix ont été décernés mercredi dernier dans
l’après-midi par un jury présidé par le grand photographe malien, le vieux Malick Sidibé, et dans lequel figurait Manthia Diawara, cinéaste et professeur de littérature africaine à New York
University. Le Grand prix Seydou Kéïta (du nom d’un autre grand photographe malien disparu en 2001), d’une valeur de 3000 euros, soit environ 2 millions de FCfa, a été attribué au Nigérian Uche
Okpa Iroha pour ses œuvres intitulées « Under bridge life » dans lesquelles il évoque une société « où les faibles naviguent constamment à travers les processus
socioéconomiques, en laissant des traces derrière eux et en ouvrant de nouvelles voies pour eux-mêmes ». Les sujets qu’il a photographiés, tels des ombres, des fantômes perdus ou des âmes
en peine déambulent dans les ruelles mal éclairées d’un quartier populaire d’une ville nigériane. Le Prix Casa Africa est allé à la Sud-Africaine Zanele Muholi pour sa série de photos intitulée
« Miss D’vine ». Les autres prix, qui vont de 1500 à 3000 euros, ont récompensé Salif Traoré du Mali (Prix Elan de l’Agence française de développement), Guy Wouete du Cameroun (Prix
Oif), Berry Bickle du Zimbabwe et Abdoulaye Barry du Tchad (Prix du jury, ex-aeqo). Le Prix Jeune talent a été décerné à Bodouin Mouanda du Congo Brazzaville, tandis que le Prix de l’Union
européenne est allé à la photographe Jodi Bieber d’Afrique du Sud.
Les œuvres sélectionnées à chaque édition de la Biennale de la photographie de Bamako sont diffusées pendant deux ans à travers le monde, ce qui donne plus de
visibilité aux artistes africains et à leurs créations. Ainsi, des événements comme les Rencontres photographiques d’Arles (France) ou des espaces comme le Centre culturel contemporain de
Barcelone, la Galerie Ifa de Berlin, le centre MC2A de Bordeaux et des villes telles que Fès, Tel-Aviv, Buenos Aires, Yokohama, Tenerife ou Stockholm ont eu à accueillir cette exposition
panafricaine. Cette année, les autorités culturelles et les photographes maliens ont été largement impliqués dans l’organisation des Rencontres photographiques de Bamako, ce qui n’était pas le
cas lors des éditions précédentes. « Les professionnels du Mali ont même été intégrés dans le comité d’organisation et il y a eu une exposition spéciale qui leur était dédiée », se
réjouit Samuel Sidibé, directeur du Musée de Bamako et délégué général de l’édition 2009 de la Biennale de la photo. « Il faut que, de plus en plus, le Mali s’implique dans l’organisation
de cet événement. Je rêve d’une Rencontre entièrement organisée par le Mali avec l’appui financier et logistique de Cultures France. Par ailleurs, on a parfois l’impression que les Rencontres
sont plus connues en Europe qu’en Afrique. C’est pourquoi j’ai tenu, cette année, à faire venir des journalistes de diverses régions du continent afin que l’événement ait plus de visibilité un
peu partout en Afrique », poursuit. Sidibé. Il compte créer un réseau de professionnels autour de la Biennale afin de pousser le maximum d’artistes africains à y participer. Selon lui, des
organismes comme la Cedeao, l’Uemoa ou l’Union africaine devraient apporter leur appui à cette manifestation culturelle qui, chaque deux ans, draine un nombre de plus en plus croissant de
photographes, de vidéastes et de divers autres professionnels.
Cette année, un accent particulier a été mis sur la participation massive du public avec des événements destinés aux élèves, aux étudiants et à tous ceux qui
s’intéressent à la photographie. « Pour atteindre le maximum de monde, nous devons diversifier l’offre culturelle en organisant des spectacles musicaux par exemple, mais surtout créer des
événements liés à la photographie entre deux éditions de la Biennale », explique Samuel Sidibé. Les expositions des 8èmes Rencontres photographiques de Bamako se poursuivent jusqu’au 7
décembre 2009 au Musée national, au Palais de la Culture, au Musée du District, à la Galerie de l’Institut national des Arts et au Centre culturel français. A partir de la semaine prochaine,
d’immenses photographies vont être « accrochées » sur certaines artères de la ville. Ainsi, pendant un mois, Bamako sera une véritable capitale de la photographie
africaine.
http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=52758
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