Partager l'article ! L’avocat de Saddam Husseïn raconte la “mise à mort” du dictateur: Le récit, hagiographique, publié samedi, dépeint une exécuti ...
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Gen Tahir Guinassou:

« Telle la montagne altière, tel le haut palmier irakien, il se tient droit, ferme et courageux devant la corde. » Et pourtant, cette montagne va être descendue et ce palmier abattu.
Khalil al-Doulaïmi, qui fut l’un des avocats de Saddam Hussein, ne lésine pas sur les accents lyriques pour décrire, dans son livre paru samedi (*), les dernières heures du maître de Bagdad, du raïs de Mésopotamie, bref, du « saint de notre époque », tel que le dépeint encore l’auteur.
Alors que le peuple irakien retrouve dimanche le chemin des urnes, à l’occasion d’élections législatives censées exorciser sept ans de sang et de ténèbres, cet ouvrage, assurément, fera l’effet du sel versé sur les plaies.
Certains y liront une plaidoirie enflammée, voire délirante, une hagiographie écœurante. Ce livre est tout cela, certes. Mais il est aussi un matériau qui
nourrira sans doute de futurs travaux d’historiens. L’avocat livre à la fois une thèse et un récit jusque-là inédit.
Le 31 décembre 2006, l’effroi et le dégoût parcourent la planète à la vitesse d’Internet. Les images nauséeuses de l’exécution, la veille, de Saddam Hussein, complaisamment filmées sur des téléphones portables, sont jetées sur le Web. On y voit le président déchu copieusement insulté puis pendu. Juste peine infligée – au terme d’un procès – à un monstre qui ensanglanta son pays, gazant femmes et enfants, pensent beaucoup de gens. Mais tous, ennemis ou laudateurs de Saddam, jugent indigne cette mise à mort.
L’avocat Al-Doulaïmi rapporte d’autres détails, horribles. A l’en croire, la corde « remise aux Américains par un soldat sioniste » (sic) devant un autre « soldat américain d’origine juive » (re-sic, décidément) était volontairement trop longue. Elle aurait mesuré 39 pouces… pour symboliser la « haine des sionistes », après que Saddam eut lancé 39 missiles contre Tel-Aviv.
Résultat, le dictateur s’est retrouvé sur les fesses. Et, toujours selon son ex-avocat, après être tombé de la « trappe maudite », il a été « piétiné et frappé à mort ». Puis, les « ennemis sanguinaires de l’islam » se seraient acharnés sur la dépouille, criblant le cadavre de coups de couteau en « poussant des cris hystériques ». Enfin, « l’infamant rituel » se conclut lorsque « les brigades de la mort » lui tranchèrent la gorge.
Bien sûr, il se trouvera toujours quelques « sionistes » pour affirmer que ce récit est inventé, notamment parce que maître Al- Doulaïmi « ne pouvai (t) être présent » le jour de l’exécution, selon son propre aveu. L’auteur ne dit pas plus quels sont les témoins qui lui auraient rapporté cette abominable scène.
Qu’importe ! L’intention est là, et voilà la thèse : le bras armé de « l’occupant » américain n’aurait fait qu’assouvir la vengeance criminelle de l’Iran. La preuve, toujours selon l’avocat, c’est l’imam chiite Moktada Al-Sadr en personne « qui ajusta la corde autour du cou » de Saddam.
« Peut-être Bagdad a-t-il jeté sur son fils, qui se préparait à partir, un dernier regard d’amour ? », s’interroge et s’inquiète le défenseur de
Saddam Hussein. Peut-être en effet, mais ce n’est pas sûr. A moins qu’il ne s’agisse d’un regard embrumé de larmes de sang.
(*) Saddam, les secrets d’une mise à mort livrés par son avocat, éditions Sand, 288 p., 14 euros.
Edition France Soir du samedi 6 mars 2010 page 13
http://www.francesoir.fr/moyen-orient/2010/03/06/saddam-hussein.html
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